l’Imprécateur

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(Texte de présentation extrait de la préface à l’édition chinoise du roman – les 100 Fleurs – Tianjin – traducteur -M. Zhang zhi ting – 1997 )

Que se passe-t-il dans ce livre ? Une entreprise multinationale mythique, c’est à dire plus puissante encore que les plus grandes entreprises multinationales existantes, dont les cadres et les dirigeants sont encore meilleurs et plus  » performants  » que ceux qui sont à l’oeuvre dans la réalité d’aujourd’hui, dont les produits sont encore plus parfaits et mieux vendus, eh bien voici que cette entreprise multinationale  » américaine et géante  » où, à priori,  » tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes  » va soudain connaitre des troubles mortels d’un ennemi inconnu et que personne n’attendait : l’ Imprécateur.
Un matin,les collaborateurs de cette entreprise en arrivant a leur travail trouvent tous sur leur bureau un rouleau de papier qui va sooulever plusieurs problèmes.
Qui a distribué ce rouleau pendant la nuit ? Comment a-t-on pu distribuer ces rouleaux sans être vu par le personnel de sécurité ? Que signifie tout cela ? Le mystère s’aggrave quand on lit ce qui est écrit sur ces rouleaux. Telle est l’anomalie qui va déclencher les troubles et finalement dérégler puis détruuire cette merveilleuse organisation économique qu’est l’entreprise en question.
L’Imprécateur raconte donc l’histoire d’un combat étrange entre des forces inconnues, mystérieuses, irrationnelles, occultes, et ce que le monde occidental a de mieux, de plus moderne, de plus exemplaire en cette fin de siècle, et qu’il présente comme tel : ses organisations technologiques, finançères, administratives, économiques, qui se déploient partout dans le monde. Dans la hiérarchie des valeurs et des exemples, les  » managers « , les chefs de la  » guerre économique mondiale  » ont remplacé les instituteurs, les prêtres, les artistes, les militaires, les philosophes, les serviteurs de l’état. Harvard Business School est devenue le creuset des nouvelles élites mondiales. Or, voici que dans l’entreprise de l’Imprécateur, ces élites, ces généraux arrogants et vaniteux de la guerre économique, se trouvent devant une situation et un problème inconnu d’eux et dont aucun maître ne leur a jamais parlé dans leurs écoles : comment réagir quand un être mystérieux et insaisissable distribue la nuit, en toute impunité, des rouleaux sur toutes les tables, comment interpréter ce qui est écrit sur ces rouleaux, comment démasquer ce bouffon démoniaque ainsi que ses noirs desseins ? L’entreprise multinationale la plus puissante et la plus admirée de cette fin de siècle va-t-elle succomber sous des coups aussi ridicules et s’incliner devant les manoeuvres tordues d’un adversaire aussi grotesque ?
L’Imprécateur est donc une sorte de récit fantastique doublé d’un conte moral. L’auteur ne l’a pas écrit par hasard. Avant de se consacrer exclusivement à la littérature, il a exercé de nombreuses années le métier de la publicité. Il a même été l’un des dirigeants de la plus grande agence de publicité française. Il a donc occupé une position privilégiée pour qui veut observer le monde économique. En effet,par définition, les agences de publicité sont au centre du dispositif économique puisque leurs clients sont les entreprises. Toutes les sortes d’entreprises : des petites, des moyennes,des grandes. Il a donc vu arriver cette nouvelle race de seigneurs, cette nouvelle élite : les managers. Il a observé la montée de l’idée selon laquelle désormais rien ne comptait plus vraiment que l’économie, la vie de l’entreprise, avant même le vie de famille ou la tentative de se cultiver. Il s’est dit que cela ne pourrait pas marcher. Que l’humanité ne pourrait pas s’accrocher aux basques des entreprises et de l’économie, que l’homme ne pouvait vivre seulement de  » cash-flow  » et de publicité. Il a donc imaginé de donner, en quelque sorte, une leçon à cette société occidentale emportée par sa frénésie de consommation et son adoration des managers, ses nouvelles idoles. Alors il a composé ce livre qui fut traduit en plus de 20 langues. Et qui représente l’un des plus gros succès romanesque depuis 1945. Ce qui prouve qu’il a frappé au point sensible. Ce livre ne signifie pas que l’auteur soit résolument opposé a la fabrication de produits en grande série. Il pense au contraire que la population du globe doit trouver son bien-être en accédant à ce qu’on a appelé la  » grande consommation  » . Le roman signifie simplement que l’économie et le matérialisme doivent être contrôlé, cantonnés à leur place, et qu’ils ne peuvent en aucun cas se substituer à la culture et aux religions de l’homme, encore moins donner à la vie son sens véritable.

Quelques critiques :

En 1974, alors que la situation économique des grands pays occidentaux commence à se fragiliser en raison d’une augmentation significative des prix du pétrole, René-Victor Pilhes sort au Seuil L’Imprécateur, un livre qui va marquer rapidement les esprits. Encensé par la presse, envisagé un temps pour le Goncourt – qui sera finalement attribué à La Dentellière de Pascal Lainé (Gallimard) – il obtient finalement le prix Femina. C’est à l’occasion de sa réédition récente chez Points Seuil que nous avons décidé de relire L’imprécateur pour le confronter à la crise actuelle et démontrer qu’il n’a pas perdu de son actualité près de quarante ans après.

Le roman entre très vite dans le vif du sujet rendant la tension palpable dès les premiers mots : Je vais vous raconter l’histoire de l’effondrement et de la destruction de la filiale française de la compagnie multinationale Rosserys & Mitchell. Qu’a-t-il bien pu se passer pour que l’une de ces sociétés aux reins solides s’effondre comme un château de cartes ? Le suspense dans l’Imprécateur est omniprésent, il sert le livre par les interrogations qu’il pose. Cette chute n’est pas la résultante de problèmes technologiques touchant la production, ou de grèves et manifestations effrayant les actionnaires et enclenchant l’effondrement de l’action en bourse. Non tel un ver dans une pomme, le mal viendra sournoisement de l’intérieur même et emportera tout sur son passage.

Comment cette chute a bien pu prendre forme ? Tout commence avec la mort d’un cadre majeur, Arangrude, sous-directeur du marketing pour le Benelux. Cette mort en soit ne laisse rien présager de bon, et, même si elle fait partie de la vie d’une grande firme, elle a le mérite de poser le climat dans lequel vont évoluer les personnages. Tout s’accélère ensuite lorsque les employés découvrent sur leur bureau un mystérieux rouleau contenant un message à leur intention, à mi-chemin entre le cours magistral d’économie et la satire du système et de la politique menée par les dirigeants avec à leur tête Saint-Ramé, le directeur général. Nous le découvrirons au fil du récit la société décrite ici et qui ressemble tristement à la notre semble vouée à fabriquer n’importe quel produit pourvu qu’il soit nouveau, faute de quoi notre système est ainsi fait qu’il s’écroulera à la moindre faiblesse, au plus petit raté (…) Trouvez-vous cela normal, d’inventer sans cesse non pour satisfaire des besoins mais pour nourrir la machine économique ?  C’est donc ce système, fragile et pernicieux qui est pointé du doigt car il met en évidence le décalage qui existe entre le besoin de tout un chacun, somme toute facile à satisfaire et celui des entreprises, qui doivent en créer de nouveaux pour subsister. Spirale sans fin qui possède en elle ses propres limites. Au fur et à mesure que l’histoire se déroule, que l’imprécateur assène ses messages, la tension croît au point que l’équilibre même de la multinationale semble rompu. L’auteur insiste ainsi, au travers de ce récit, sur les compromissions entre économie et politique qui gangrènent la société au point de la fragiliser aux moindres soubresauts des marchés mondiaux. René-Victor Pilhes nous confiait récemment que dès qu’une organisation économique et financière usurpe ses rôles et fonctions, se substitue aux organisations politiques ou religieuses afin non seulement de dominer un marché mais le monde et l’humanité, elle est punie et elle est vouée à s’effondrer. «Faire du monde une seule et immense entreprise? » Non. C’est cela l’Imprécateur.

Le roman aurait très bien pu se poser uniquement sur le volet politique mais ce n’est pas le but recherché par son auteur qui a lui-même travaillé dans une de ces firmes tentaculaires. Non René-Victor Pilhes va diriger son récit sur l’analyse même des comportements humains, en l’occurrence ceux des cadres dirigeants. Là réside sa grande force. Car au-delà des CV à rallonge que l’auteur met en évidence, au-delà des connaissances et des compétences économiques acquises, ces hommes semblent finalement redevenir quelconques dès lors qu’un problème dépassant leurs « compétences » survient. L’imprécateur sera en ce sens l’élément déclencheur de cette chute, car il va instaurer au sein même du bureau dirigeant doutes et paranoïa. Et cela va s’intensifier au fur et à mesure que le roman avance jusqu’à cette scène surréaliste dans les profondeurs de la firme, lorsque le gratin va s’engouffrer dans les sous-sols pour essayer de piéger celui qui leur échappe. Le spectacle pitoyable qu’offraient ces messieurs déguisés, boueux, grelottants, rassemblés dans cette sorte de crypte, méfiants, haineux, incapables de réagir, témoignait de la faillite des rapports humains qu’ils avaient fait semblant d’instaurer entre eux. Individualisme, arrogance, suffisance, mépris, dédain pour l’homme même. Alors que l’écoute doit présider à toute relation, nous découvrons des hommes fermés sur eux-mêmes, prêts à dénoncer l’autre pour gagner du temps sur leur irrémédiable chute, bref ces hommes à qui des millions d’années ont été nécessaires pour s’élever au-dessus de l’animal, y revien(nen)t parfois et pour son (leur) malheur en une ou deux secondes. Les mots sont forts, pesés par leur auteur, ils n’en deviennent que plus terribles au regard de ce que devient notre société et sa (fameuse) loi des marchés. Les failles du système, même si elles apparaissent avec une évidente limpidité, ne semblent pas remises en cause. Serions-nous devenus les êtres passifs d’une société gangrenée et délétère prête à gagner les abysses décrites dans L’Imprécateur ? Même si nous avons la force, ou la folie de ne pas y croire, notre avenir semble bien se diriger vers cette vision que nous livrait René-Victor Pilhes pour qui à l’évidence, malgré des apparences, les dirigeants asservissent en plein 21ème siècle, le monde du travail, soit à la chinoise, soit à la France-Télécom. L’imprécateur a connu un immense succès sur un malentendu : on y a le plus souvent vu une satire des cadres alors qu’il était d’une chute mortelle de « la maison Rosserys and Mitchell ». Voyez la situation morbide et pré-révolutionnaire de l’économie et de la finance dans le monde, songez à ce qui se passera un de ces jours aux USA et ailleurs, la « crise » n’ayant à rien servi. Ma multinationale détraquée est plus que jamais sous nos yeux, en symbole, et c’est pourquoi le roman tient et est si moderne. Mais on n’en fait plus la même lecture que jadis.

Un roman d’une grande modernité donc, qui pourrait servir de base à une étude des carences de notre système, près de quarante ans après son écriture… Un incontournable…

René-Victor Pilhes – L’Imprécateur – Points Seuil – 2002 (rééd. 2010) – 7 euros

Plus d'information sur Seb

L’Imprécateur (1974) – ( Prix Fémina )


–  » J’ ai beaucoup appris en lisant et en écoutant René-Victor Pilhes « .- Claude Prevost- l‘Humanité – 10 décembre 1974 –

– « Nous n’avons pas beaucoup d’écrivains aussi originaux que Pilhes, aussi courageux. Il est le premier à donner l’assaut aux bastilles du business et il le fait avec un talent savamment corrosif  » – Lucien Guissard – La Croix 8 septembre 1974 –

–  » Un certain génie : René-Victor Pilhes.. L’Imprécateur est une oeuvre singulière et forte , superbement pensée et gouvernée.. la performance est admirable et jamais roman circulaire ne fut si bien bouclé  » – Claude Mauriac – Le Figaro – 7 septembre 1974 –

–  » Ce qui est très intéressant dans ce livre, c’est que l’entreprise décrite par Pilhes ne peut plus gérer les grands systèmes de communication. Tout casse parce qu’on ne peut plus communiquer, parce qu’il y a un mécanisme qui empêche les gens de communiquer  » . – Jacques Attali – Le Journal du Dimanche – 4 mai 1975 –

–  » L ‘ Imprécateur est original par son thème, il l’est plus encore par sa manière qui mêle le réalisme de l’observation et les fantasmes de l’angoisse  » – Jacqueline Piatier – Le Monde – 13 septembre 1974 –

–  » Je viens d’apprendre que le cardinal Willot est en train de lire l’Imprécateur. Et qu’il a dit à son interlocuteur que le pape (Paul VI – NDLR) lui même avait lu le livre et notamment toutes les grandes imprécations, et qu’il y avait pris un vif plaisir . Bravo !  »  » – Paul Flamand-Président – Fondateur des Editions du Seuil – lettre à l’auteur -3 Juin 1975 –

Avec l’Imprécateur, René-Victor Pilhes avait écrit non seulement un grand roman baroque, ironique, puissant, inspiré, mais aussi le livre qui dénonçait par avance la  criminelle arrogance économique et finançière. Le Journal du Dimanche 16/03/2003 . Les lettres de cet imprécateur anonyme pourraient être étudiées aujourd’hui dans les écoles, en guise d’enseignement de base du fonctionnement de notre économie libérale partie en vrille en 2008 (Pascal Galinier – Le Monde 20/08/2009)

Si vous souhaitez connaître la disponibilité du livre en librairie, il faut consulter la fiche du livre sur le site de l’éditeur.

48 réflexions sur “l’Imprécateur

    1. renevictorpilhes

      Bonjour et merci.Ces dernières semaines il s’est passé quelque chose avec ce livre.Il est en rupture de stock.J’espère que Le Seuil_Points-Romans ne va pas trop tarder à le réimprimer.

  1. Bonjour

    J’ai lu votre livre au tout début de ma vie professionnelle, il y a 20 ans, et il m’a considérablement marqué, il ne possède à mon avis pas d’équivalent. Je fais aujourd’hui des rh, et je pense que vous pourriez être intéressé par mon blog, qui raconte la vie d’un grand groupe avec une vision un peu particulière. Je vous mets l’adresse en copie, et j’écris également sur cadremploi.

    Bien cordialement

    D r hache

    1. renevictorpilhes

      Bonjour ,
      oui?j’ai bien travaillé,je pense,en écrivant l’Imprécateur et je ne manquerai pas de visiter votre blog.Merci d’avoir visité le mien.Bien cordialement.

    2. renevictorpilhes

      ah oui alors,superbe ce blog dans le genre « imprécations d’aujourd’hui.J’y reviendrai souvent.Et ce bijou:incentivisation et incubation sont les deux mamelles des Rosserys and Mitchell d’aujourd’hui.Continuez s’il vous plaît.Bravo et bon courage.Bien cordialement à vous.

  2. Jean

    Bonjour monsieur Pilhes,
    J’ai découvert votre roman grâce à la radio. En effet, en 1974 (si mes souvenirs sont exacts) notre radio RTB avait eu la bonne idée d’en confier la lecture intégrale par l’admirable comédien qu’est Michel Bouquet. Un grand moment de radio assurément. Si je ne l’ai pas oublié c’est que je possède l’enregistrement d’une toute petite partie qu’il m’arrive de réécouter de temps à autre. Je puis vous assurer que je ne m’en lasserai jamais et regrette amèrement de ne pas avoir eu l’occasion d’en enregistrer la totalité. Ensuite j’ai acheté le livre et enfin, lorsque le film de Bertuccelli est sorti je suis allé immédiatement le voir. La télévision ne l’a diffusé qu’une une seule fois et depuis, plus rien. J’ai appris en lisant votre blog que des problèmes entre les producteurs en était la cause. A présent, J’espère que le dvd sortira enfin ou que tout au moins le film sera rediffusé un jour prochain. Il faut que les plus jeunes le voient au moins une fois car ce que vous dites dans le livre est plus que jamais d’actualité. Votre vision (il y aura bientôt 40 ans!) est phrophétique quand on voit ce qui se passe aujourd’hui et on ne peut pas s’empêcher de faire un parallèle avec le film « Mille milliards de Dollars » d’Henri Verneuil.
    Merci pour avoir eu cette vision bien avant tout le monde.

    Bien cordialement

    1. renevictorpilhes

      Bonjour,monsieur Jean.J’ai grandement apprécié votre commentaire.J’espère,moi aussi,que le public d’aujourd’hui pourra un de ces jours voir ce film.Tant le livre que le film sont considérés ces temps-ci comme subversifs.D’où le peu d’empressement de « ceux qui savent et qui dirigent  » de le programmer!Mais le livre,lui, poursuit une belle existence!J’ignorais que M.Bouquet,que j’apprécie fort,l’avait lu à la radio!Et je vais essayer d’en obtenir l’enregistrement.Merci de m’en avoir informé.Vous voyez:pauvres auteurs.Ils écrivent du mieux qu’ils peuvent,puis,l’oeuvre leur échappe!en cliquant « film-imprécateur » ,n’y-a-t-il pas un téléchargement possible?Je suis trop vieux,maintenant,pour aller y voir de près.Croyez à ma grande sympathie.

  3. Jean

    Cher monsieur Pilhes,
    Je confirme l’existence d’un site proposant le film en streaming : http://www.frstreaming.eu/telecharger-hd/limprecateur-1977-streaming-film.html
    J’ai été surpris d’apprendre que personne ne vous ait informé en son temps de la lecture faite par Michel Bouquet, lecture qui, je peux vous l’assurer, était remarquable. Si vous en obtenez une copie vous aurez ainsi l’occasion de vous en rendre compte par vous-même. A cet égard je me permets de vous informer que c’est la société Sonuma S.A. (récemment créée) qui a été mandatée par la Radio Télévision Belge pour assurer la gestion de ses archives audiovisuelles : http://blog.sonuma.be/
    Pour revenir un instant sur le film, s’il y a une chose que je trouve très bien (en plus de la qualité des comédiens choisis) c’est qu’on y retrouve l’histoire telle que dans le livre, ce qui est assez rare sachant que la plupart des adaptations cinématographiques de romans prennent souvent beaucoup de libertés par rapport à l’œuvre originale.

    Bien cordialement
    Jean

    1. renevictorpilhes

      Cher monsieur Jean,
      Vous me donnez un renseignement précieux.Dès mon retour à Paris,je m’occuperai de cette affaire de la radio belge.Je vous tiendrai au courant. Bien cordialement à vous.

  4. L’occasion aujourd’hui, grâce au blog de Chantal Serrière <a href= http://chantalserriere.blog.lemonde.fr/2011/12/03/lenigme-du-samedi-qui-manipule-qui/, de vous dire le plaisir pris à l’époque à lire votre chef-d’oeuvre, tellement prémonitoire et vivant toujours dans la mémoire de ceux qui l’avaient découvert.

    Plus tard, j’ai lu aussi La Société de consolation, de Jérémie Lefebvre, et j’ai pensé alors à votre vision qui avait peut-être donné naissance à cette oeuvre ancrée, elle aussi, dans le réel.

    Je n’ai hélas pas vu le film tiré de L’Imprécateur, mais il doit bien exister en DVD.

    Vous devez observer la situation économique actuelle avec un léger sourire…

    Respectueusement à vous.

    D.H.

    1. renevictorpilhes

      Bonjour Dominique Hasselmann,
      J’ai donc supprimé le texte en question.Non seulement j’observe mais j’écris avec « fureur »,et j’espère en terminer avec cet Opus l’année prochaine.Sans doute mon dernier.A la suite d’un interminable conflit juridique entre producteurs,le DVD est bloqué.Mais je crois que vous pouvez y accéder via internet en cliquant,par exemple, »imprécateur film ».Merci de vous intéresser ainsi à mon oeuvre.Cela m’encourage grandement.Bien cordialement à vous.

  5. L’occasion aujourd’hui, grâce au blog de Chantal Serrière, de vous dire le plaisir pris à l’époque à lire votre chef-d’oeuvre, tellement prémonitoire et vivant toujours dans la mémoire de ceux qui l’avaient découvert.

    Plus tard, j’ai lu aussi La Société de consolation, de Jérémie Lefebvre, et j’ai pensé alors à votre vision qui avait peut-être donné naissance à cette oeuvre ancrée, elle aussi, dans le réel.

    Je n’ai hélas pas vu le film tiré de L’Imprécateur, mais il doit bien exister en DVD.

    Vous devez observer la situation économique actuelle avec un léger sourire…

    Respectueusement à vous.

    D.H.

  6. Narjes

    Bonjour,

    Je suis toute jeune (24 ans) et je viens de terminer de lire votre roman, sur un conseil de mon père qui, depuis longtemps me le conseillait.

    Malgré mon jeune âge, j’ai trouvé ce livre saisissant tant dans le fond que la forme.

    Comment écrit-on si bien ?

    Merci pour cette histoire si réelle, ce rêve alarmant que nous vivons aujourd’hui bien éveillés.

    Cordialement,
    Narjes

    1. renevictorpilhes

      Bonjour,et moi,vous vous en doutez,je ne suis plus jeune du tout,en vérité!Mais mon oeuvre a mieux vieilli que moi,m’en plaindrais-je!Soutenu par la génération de votre papa et par la vôtre,elle a de beaux jours devant elle.Les temps tourmentés et si durs que nous vivons redonnent,c’est vrai,de l’actualité au roman.Croyez à toute ma sympathie,et bien cordialement à votre papa si averti.

  7. Alexandre

    Bonjour M. Pilhes,

    Comme beaucoup j’ai découvert votre livre via le film, grâce à un père cinéphile, et je vous confirme que ni l’un ni l’autre n’ont vieilli, que ce soit sur la forme ou sur le fond.

    Il y a dans les deux une grande prise de risque, puisqu’ils n’entraient dans aucune catégorie précise: ni drame, ni thriller, ni chronique, ni fantastique, ni (Dieu merci) pamphlet politique, mais un peu de tout ça. Je suppose qu’il fallait mélanger les genres pour donner de la vie des multinationales une vision « fine », non manichéenne, et surtout pour expliquer que l’horreur n’y est pas seulement économique (c’est juste un effet collatéral) mais avant tout psychologique.

    Si le film était réalisé aujourd’hui, on aurait sans doute une description très réaliste des rapports de force dans l’entreprise, avec un propos politique assez appuyé et une « morale » à la fin, défendue par le seul protagoniste à peu près pur (le DRH). Votre approche et celle de Bertucelli ont été plus subtiles, et en cela plus mémorables. J’ai vu le film à 12 ans, ses images ne m’ont jamais quitté, et j’ai lu le livre vers 16 ans, encore un gros choc. Les 2 s’adressaient à l’intelligence du lecteur / spectateur, aujourd’hui on aurait quelque chose de plus didactique.

    Les acteurs ont d’ailleurs pris des risques eux aussi, vu leurs rôles peu sympathiques. Mais dans les années 70, c’était monnaie courante, il n’y a qu’à voir le rôle de JP Marielle dans « La traque » ou celui de J. Yanne dans « Armaguedon ». D’une certaine manière, vous avez eu la chance d’être adapté pendant la bonne décennie. Dans les années 80, le résultat aurait été très différent.

    Bref félicitations, vous avez écrit une grande oeuvre, et participé à un grand film. Avec un peu de bonne volonté de la part des distributeurs vidéo, une seconde jeunesse est possible pour le film, ce qui relancerait à nouveau l’intérêt pour le livre.

    Aviez-vous discuté avec les acteurs? Vous souvenez-vous s’ils avaient lu le livre? Au vu des personnalités de Yanne et Piccoli, je pense qu’ils ont dû être fascinés par leur rôle…

    Encore bravo et merci.

    1. renevictorpilhes

      Cher monsieur Alexandre,je vous remercie d’avoir pris la peine d’écrire un si pertinent commentaire et de me l’avoir envoyé.Oui,le « mélange  » dont vous parlez est issu de ma volonté et de mon inspiration d’auteur de ligoter la réalité et de lui imposer un univers  » fantastique « ,ce qui rend le livre sans cesse « contemporain  » et lui permet d’échapper pour l’essentiel aux risques d’obsolescence.D’ailleurs,que les divers acteurs de la vie économique et sociale de l’époque aient assuré le succès du roman ne s’explique-t-il pas en ceci que,précisément,je leur offrais une fiction mettant en évidence leurs failles et turpitudes tout en les mettant à l’abri grâce à « l’irréalisme » des situations décrites.Chacun voyant dans le livre son voisin ou collègue ou pair mais jamais lui-même.Certes,je courais le risque du ridicule mais je pensais qu’il était calculé tant les dangers de notre système dominant commençaient à sourdre.Quant au film,un absurde différent entre producteurs a bloqué son essor,notamment en DVD.Cependant,on me dit qu’on peut l’obtenir par internet en cliquant « imprécateur le film ».Est-ce légal?Je ne sais.Les acteurs,eux,ont lu à fond le roman.Yanne,Piccoli,Londsdale,par exemple.De nombreuses demandes d’achats de droits se manifestent pour un nouveau film.Le livre se vend régulièrement,doucement mais sûrement.Grâce à des lecteurs comme vous,le bouche à oreille se révèle continu et efficace.Croyez à toute ma sympathie et bonnes fêtes .

  8. Laurence M.

    Bonsoir. Je viens d’achever, en haletant, l’Imprécateur… le premier de RV Pilhes que je lis, mais sûrement pas le dernier. Je ne répéterai pas ici ce que chacun sait, qu’il est un roman à la fois satirique, lucide et visionnaire. Non, je voudrais seulement évoquer le cauchemar qu’il raconte en 350p., crescendo, glaçant, terrifiant, et qu’il renouvelle – contre toute attente – à la dernière page, au point que le lecteur se sent plus que jamais immergé, la respiration coupée, incapable de distinguer le fond de la surface, le cauchemar de la réalité, le faux du vrai. Une oeuvre littéraire magistrale.

    1. renevictorpilhes

      Bonjour,Laurence M.,je vous remercie de m’avoir adressé ce message.Il tombe juste au moment où je dois serrer les dents pour achever (enfin) mon roman en cours depuis…10 ans!Soyez louée!Bien cordialement à vous.

  9. Pinçon

    Bonjour.
    La résistance au système se niche partout, c’est amusant et impitoyable.
    J’ai trouvé ce livre dans une boite disposée dans le parc de ma mairie !
    j’en avais entendu parlé de cette belle idée ; déposer un livre et en prendre un autre…dans la gratuité et le partage. C’est marrant que ce soit votre livre qui m’arrive dans les mains comme ça !
    un sacré coup de pied au c.. au système !
    Je vous encourage à remonter au créneau et affronter les afffreux.
    Nous sommes les petits grains de sable.
    Merci .

    1. renevictorpilhes

      Bonjour,et merci de votre message.Remonter au créneau?Cela se verra sans doute cette année où devrait sortir (enfin!)mon dernier roman.Je ferai alors une petite information.Oui,en toute objectivité,l’Imprécateur mériterait,ces temps ci,un actif bouche à oreille.D’ailleurs,pour un livre âgé de 37 ans,il ne se porte pas mal du tout!Mieux que son auteur,en tout cas!

  10. Yannick Boutot

    Cher Monsieur,

    Je viens de vous découvrir votre blog et le film me revient vaguement en mémoire car mon professeur de français de seconde nous l’avait projeté (probablement en 1998) !

    Cordialement,

    Yannick Boutot

    1. renevictorpilhes

      Cher monsieur Boutot,
      Merci de votre signe.Peut-être la conjoncture se prête-t-elle à ce que vous lisiez aujourd’hui le livre,si ce n’est déja fait?Pardonnez-moi cette suggestion presque inconvenante.Cordialement à vous.

  11. Depuis 40ans, je relis régulièrement votre chef d’oeuvré que je faisais étudier par mes étudiants
    Il n’a pas vielli d’un iota…
    Je regrette juste que vous ne publie z pas plus souvent
    Heureuse année à vous !!!

  12. Fabienne Severin

    Bonjour Monsieur, J’avais lu avec un évident plaisir l’Imprécateur à l’époque de sa première édition. Lisant pour le plaisir (pour CDL) des manuscrits d’écrivains « qui se cherchent », je conseille la lecture de votre roman à une jeune auteur qui dénonce dans une fiction les profits et les ambitions meurtrières qui gouvernent une jeune entreprise tentée par la délocalisation en Chine. Comme quoi, la morale ne date jamais…
    Avec toute mon admiration,
    F. Severin

    1. renevictorpilhes

      Chère Fabienne Severin,je vous remercie beaucoup d’avoir pris la peine de m’écrire.Vous me donnez du coeur à l’ouvrage pour mener à bonne fortune mes derniers texts.Je vous prie de croire à toute ma grande sympathie.

  13. miz

    Bonjour René Victor,

    J’avais adoré ce titre, et j’aimerais savoir s’il a été traduit en anglais, car j’aimerais en prêter une version à un ado à qui je donne des cours de langue ici en Australie.
    A l’avance, grand merci !

    1. renevictorpilhes

      Bonjour,oui,il a été traduit et publié par marion boyards sous le titre « the provocator ».En cliquant sur ce titre,amazon vous le propose.Merci de vous y interesser.Avec toute ma sympathie.

  14. miz

    GRand merci, René Victor. Je vais de ce pas le mettre sur ma liste. J’avais cherché avec votre nom sur Amazon.com, mais sans succès, ce matin, mais je dois dire que j’ai fait ca vite fait car j’avais bien des chats à fouetter…
    Je vais aussi me re-commander le titre en français. AInsi que d’autres titres du grand auteur que vous êtes. 🙂
    BIen a vous.

  15. Jeune étudiante en Administration Economique et Sociale à l’université, nous devions réaliser un exposé oral sur un livre et le hasard m’a fait lire L’Imprécateur. Quelle révélation ! C’est avec fierté et enthousiasme, que je vais défendre votre livre devant ma classe comme un livre incontournable, le meilleur livre que j’ai jamais lu.

    1. renevictorpilhes

      Bonjour Virgine,et merci.Je vous souhaite bonne chance pour votre exposé,et aussi de joyeuses fêtes et une année 2014 heureuse et féconde.Je vous conseille de vous référer aux avis et critiques rassemblées sur mon blog aux rubriques « auteur  » et « oeuvres » ce qui pourra vous aider.Ce livre est toujours bien et régulièrement lu car la violence et la dictature du monde économique continue de sévir plus que jamais.Croyez à ma trés grande et sincère sympathie.

  16. Beau

    Bonjour Rene,et bonne année ,je voudrai vous posez une question .Quel message essayez vous de nous transmettre dans votre livre ? Je suis peut-etre bien trop jeune pour comprendre…merci de bien vouloir m’eclairer.

    1. renevictorpilhes

      Bonjour,dans ce livre,il n’y a aucun message à proprement parler mais la description par les moyens du roman d’une descente aux enfers.Laquelle explique cette montée de l’antisémitisme de ces 3O dernières années.Laquelle aussi est soigneusement occultée par les divers commentateurs actuels.

  17. Romain L

    Bonjour M. Pihles,
    Bravo et merci d’avoir créé ce blog, moyen intéressant pour pouvoir échanger avec un auteur. J’ai beaucoup aimé « L’Imprécateur », davantage le livre que le film bien sûr (bien qu’étant d’abord cinéphile, j’ai toujours pensé que la littérature était supérieure au cinéma, déjà pour l’approche subjective que permet un roman, là où un film donne la vision d’un réalisateur).
    Le film a tout de même un excellent casting (et une excellente bande originale de Richard R. Bennett), et après tout, j’ai découvert l’histoire de « L’imprécateur » d’abord par le film, avant de lire récemment le roman.
    Le capitalisme, le monde de l’entreprise, même présenté de façon caricaturale ou burlesque, ou (surtout) kafkienne, a toujours exercé sur moi une étrange fascination. Une part de jalousie peut-être: mon premier court-métrage présentait un homme d’affaires poursuivi sans aucune raison par tous les passants qu’il croisait dans la rue…
    Ainsi je réalise actuellement des courts-métrages, et j’en profite pour vous dire que dans mon dernier film (dont la bande-annonce est visible sur le web à cette adresse: http://youtu.be/nTrCJfBgsxY ), je propose beaucoup de clins-d’œil surtout pour les cinéphiles, en tout cas pour les plus observateurs. Je change le nom de toutes les stations de métro et, dans un plan (qui n’est pas dans la bande-annonce) montrant une carte de métro, à la place de la station « Montparnasse Bienvenüe » on peut y lire… « Tour de L’Imprécateur ».
    Si vous êtes intéressé, je vous enverrai une copie du film une fois les dernières retouches en post-production terminées…
    Bravo encore une fois, cela m’a donné envie de me plonger dans le reste de votre œuvre.
    Et bonne année!
    Cordialement.

  18. FARENC

    Bonjour, c’est en vacances à Seix que je vous ai découvert M. Pilhes, cela me parut alors le lieu tout indiqué pour faire connaissance avec vos ouvrages : j’ai d’abord lu L’Imprécateur fortement encouragée par un de vos concitoyens, j’ai bien compris qu’il s’agissait davantage d’un préalable à l’obtention du titre de séjour en pays seixois que d’un conseil littéraire. Soit ! je fus adoubée … j’allai même au-delà des exigences requises puisque je lus aussi La position de Philidor que je me vante d’avoir fait découvrir à quelques montagnards distraits. Je continuai ma quête puisque me voilà aujourd’hui plongée dans Le Christi qui dès les premières pages m’enchanta. Trois romans, trois univers différents, quoique…
    Je vous remercie d’ores et déjà pour les heures agréables que j’ai passées en compagnie de vos romans et pour celles à venir.
    Cordialement
    CF

  19. Tremblez Michel

    Je viens de terminer l’imprécateur pour la troisième fois.
    J’ai découvert l’imprécateur avec Michel Bouquet en 74-75.
    Impossible de trouver cet enregistrement.
    C’est dommage.
    Merci, de nous avoir apporter tant de plaisir et de bonheur de lire.

    1. renevictorpilhes

      Merci.Ainsi advient-il que je sois payé de mes efforts au soir de ma vie par des avis bien gratifiants.Longue vie donc à l’Imprécateur!Avec toute ma grande sympathie.

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