JEAN-LOUIS BERTUCELLI

Il est donc parti avant moi.Encore fin novembre 2013, nous étions à l’oeuvre chez lui,travaillant à briser le blocus sordide qu’un malentendu entre producteurs se déclarant chacun de leur côté propriétaires des droits de diffusion du film l’Imprécateur impose à celui-ci,privant le peuple de DVD .Me voyant dans une forme pas vraiment olympique ,il redoublait de prévenances à mon endroit,plus attentif et affectueux que jamais..Et nous étions bien loin de songer que 3 mois plus tard il s’en irait brutalement. Quelle personnalité délicieuse,rare,que celle de Jean-Louis!Sensible,subtil,courageux,honnête,loyal,peu habituelle dans ce rude et versatile milieu du cinéma.Ses films

illustrent ces qualités..Par  exemple, il avait dévoilé à l’état brut ce qu’était vraiment l’imprécateur :une charge violente et prémonitoire sur ce que l’on pourrait nommer le « fascisme d’entreprise » ,la dictature d’un prétendu savoir omnipotent et aveugle des questions de gestion de l’économie,et ses folies ainsi qu’on ne cesse de le constater et de le subir sous nos yeux.Et la même caste est là qui s’ébrouait dans les années 1970 ,sous de nouveaux oripeaux et un nouveau vocabulaire mais sans doute plus violente encore et impitoyable pour des millions de gens précipités par elle dans la détresse et la misère.Une caste qui s’était alors rebellée contre cette adaptation si cruelle pour elle du roman.Et qui avait instruit un procès à l’encontre du cineaste pour « incompréhension » du livre dont,par ailleurs elle avait assuré le succès en y voyant seulement une « satire de cadres ».Quel malentendu entre  l’oeuvre et « ceux qui dirigent et ceux qui savent » !A bientôt,Jean-Louis.Tu as bien mérité du cinéma.Quelle chance de t’avoir rencontré.

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